Texte libre

"C'est l' éxigence de qualité qui nous anime"

Etienne Mougeotte in Télé 7 jours, 2005.

"Raphaël me rapelle Bob Dylan"

Jean Louis Aubert in les Inrockuptibles, 2006.

"L' honneteté intellectuelle, c'est tout ce qui nous reste à la fin"

Bernard Tapie in "Ma vie, mon oeuvre, ma burne", éditions du palais de Justice, 2001.

"Votre dessin est encore une fois tres drôle, monsieur Gelluck."

Michel Drucker in "Vivement dimanche prochain" spécial Maurice Papon, 12 septembre 2003.

""Si j'aurais pas louché et que j'aurais été beau gosse, j'aurais pas épousé la Simone et j'aurais pas fait le philosophe. J'aurais baisé plein de gonzesses."

Jean-Paul Sartre in "L'existentialisme est il soluble dans l'eau?"  éditions Grasse Haie, 1976.

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Ma vie est aussi inintéressante que la votre.

Lundi 19 février 2007
« L’enfer, c’est les autres »
Jean-Paul Sartre s’adressant à Simone de Beauvoir, alors qu’elle zappe le match France Italie pour regarder « Urgences sur France 2.
 
Il est de bon ton aujourd’hui de tenir un blog. Tous tiennent les chroniques morbides de leur existence ordinaire, tous se montrent sans pudeur. La ménagère moyenne, le jeune hype, le dessinateur de bédé pompeux et même le vulgaire candidat à la présidence pensent à tort que leur vie, leurs états d’’ame, leur faciès discourtois ou leur engagements rédhibitoires sont dignes d’intérêt pour le surfeur moyen.
Attention, quand je dis surfeur, il s’agit de ne pas confondre. Je ne parle pas du bodybuildé d’Hossegor, sourire éclatant et mèche au vent, qui sent le soleil, le sable et la crème solaire de basse qualité. Que nenni. Je parle du surfeur d’Internet, bodybuildé à la Koënigsbier, mégot improbable et incertain en en bouche, cheveux gras et œil livide, qui sent pour sa part la nicotine froide, le relent de vieux Big Mac et l’amour solitaire (Tu as souri. Tu t’es reconnu. Honte a toi.). Alors ces personnes (je parle des bloggeurs, merde, suivez quoi) pensent que leur vie est digne d’intérêt. Que celle-ci est tellement exceptionnelle qu’elle doit être infligée à tous.  Et qu’il ne faut surtout rien oublier, ni les fulgurances philosophiques personnelles ni les blennorragies ordinaires.
Et c’est une tendance lourde de notre société.
Et oui, internaute qui me lis, sache le, ton avis est demandé. Pour tout et par tous. Il n’y a pas une radio, pas une chaine de télé, pas un journal, qui, sous couvert de proximité avec leur public, mais par vraie démagogie populacière, ne demande à Didier, camionneur a Ronchin, ce qu’il pense de la dette extérieure de la Moldavie  ou à Simone, caissière à Argenteuil son avis sur le conflit israélo-palestinien.
Sur la Toile, c’est pareil. Et tous y vont de leur commentaire sur les blogs et les forums.
Ils sont souvent étonnants d’intelligence.
Je cite par exemple Kevin_Sb00b135 qui laissait le commentaire suivant sur un excellent dessin de l’excellent Boulet (je parle de son dessin, hein, sa vie n’a pas grand intérêt a lui non plus. Mais dieu que ce garçon dessine bien !) : « LoL je KiF mA RaS t d çIN^ ^ MdR !:) »
Je cite également FleurdEte dans un forum d’information sur les conflits dans le monde : « La guere et la faminne dans le monde sait déguelas L ! »
C’est édifiant. J’ai moi même eu beaucoup de mal à m’habituer.
Et bien, je vous le dit à tous, tant que vous y êtes, votre vie et votre avis sont inintéressants. Foutrement inintéressants.
Et je vais vous prouver que ma vie est au moins aussi dépourvue d’intérêt que la votre.
Par Bob Futal
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Lundi 19 février 2007
« Rien ne m’était acquis par avance. Toute mon œuvre, je l’ai dérobée au destin et aux muses. »
Francis Lalanne, in « Fais moi l’amour, histoire et destin d’un homme engagé », éditions Plomb, 1997.
 
Et bien voila. Je vais vous infliger pour commencer mon affligeant portrait.
Je pense être un humain, malgré le peu d’accointances entre moi et la majeure partie des singes fraichement évolués qui composent l’humanité. Sur le plan physiologique, en tout cas, mon docteur, qui est plus breton que con, est formel.
Je suis donc l’heureux propriétaire, pêle-mêle, du nombre correct d’orteils et de doigts, d’yeux, d’oreilles et de nez, ainsi que d’une quantité non négligeable de tissus adipeux, de muscles variés et d’os aux noms improbables. Le tout agencé de façon relativement ordonnée car je peux me gratter l’œil, boire un coup mais également déféquer et me gratter les couilles (ah, oui, au fait, je suis de sexe mâle. Mon docteur est également formel la dessus.) avec aisance et facilité.
J’ai donc un profil médical ordinaire. D’un faciès ordinaire également, j’ai l’immense honneur de posséder des cheveux.
Sur le plan social, rien de notable également. J’ai la chance d’avoir un emploi, morne certes mais assurant ma pitance quotidienne. Et qui, de plus me permet d’observer avec un inintérêt toujours renouvelé les marées populacières.
Habitant  dans une anecdotique station balnéaire de Méditerranée ( dans l’exotique département du 06. Ami internaute belge, parisien, lorrain ou chtimi qui nous lit, lorsque pour toi Côte d’Azur rime avec soleil, plage, filles faciles et jet set, sache que pour nous, autochtones, elle rime plutôt avec ennui, pollution, béton, connasses a dix sous et mouroir a vieux riches du monde entier. La côte d’azur, c’est a vomir), je partage mon temps entre travail, nourriture, sommeil et des activités annexes et diverses comme par exemple la défécation le matin de la nourriture ingérée la veille.
Je suis malheureusement hétérosexuel. Je dis malheureusement car j’aurais pu doubler les éventualités gymnasticatoires et orgasmiques entre moi et le reste de l’humanité. Mais ce n’est pas tant la pratique qui me dégoute que la profonde laideur de mes contemporains.
Mâles, j’entends bien.
Quand a l’apport que je pourrais apporter au génie humain, je pense qu’il est quasi nul, aussi proche que possible, mathématiquement parlant, du zéro absolu. Je n’ai a défendre aucune cause noble, aucune fulgurance de l’esprit.
Je vous l’avait bien dit que ma vie était aussi in intéressante que la votre.
Par Bob Futal
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Vendredi 23 février 2007

« Et le septième jour, Dieu se reposa »

 

In «  La Bible  », anonyme, ouvrage humoristique, -4000 av. JC.

 

 

Tiens, en ce moment, je sais pas ce que vous en pensez, mais on se fait chier. Je ne sais pas si c’est le temps, nettement plus gris que d’habitude, le fait qu’on soit en février, qui est le mois le plus crétin qui soit (sinon pourquoi durerait il moins longtemps que les autres ?), mon découvert bancaire qui atteint des records de profondeur, mais, en ce moment, je n’ai plus gout à rien. Le simple réveil matinal m’est devenu insupportable. Même les activités normalement nécessaires a la physiologie d’un individu de sexe mâle d’un âge compris entre vingt et trente ans (comme boire beaucoup, consommer des drogues, draguer des gonzesses et se taper très fort les cuisses en criant) m’ennuient au plus haut point.

Et le pire, c’est que je ne suis même pas déprimé. Je souffre plutôt de ce que j’appellerais une crise d’ennui profond, d’un accès morbide d’inappétence au mouvement, d’une éruption générale de non motivation, d’une allergie à l’action. De celles, sournoises, qui sont un fléau pour nos sociétés modernes surchargées de tant de loisirs que l’on ne sait plus où donner de la tête.

Qu’est ce que je vais foutre? Arrgh! Horreur de l’indécision! Dilemme de la surabondance !

Un cédé ? J’ai pas envie. Un dévédé ? J’ai pas envie. Un livre, une bédé, une partie de jeux vidéo, un coït avec une personne consentante ? Merde, j’ai pas envie.

Le pire, c’est que j’ai même pas envie de faire des trucs constructifs, comme mettre par exemple la touche finale au plan qui me permettra de prendre le contrôle global de la terre, aller marcher en forêt pour voir ailleurs si j’y suis, faire un nouveau dessin moche pour ce blog, aider mes frères humains en difficulté pour leur apporter plus de justice et d’amour, ou simplement secouer la lourde carcasse dont le seigneur m’a affublé.

Je pense avoir découvert la source de mon affliction : Je suis un foutu feignant. Un fumiste pur jus, un incorrigible rossard, un coquin oisif, un formidable indolent, un paroxystique tire-au-cul. Toute ma vie n’aura été que procrastination. Pourquoi, je vous le demande, s’emmerderait on a faire demain ce qu’il est possible de faire faire a quelqu’un d’autre après demain ?

Et je me rends compte que ce court texte n’est qu’une succession de listes de synonymes. Feignant, je vous dis.

Bon. Je sais pas vous, mais moi je retourne me coucher.

Par Bob Futal
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